La Désirade

Île de 11 km au large de Saint-François, restée à l'écart du tourisme : plateau calcaire, plages calmes, pêche artisanale et 1 500 habitants seulement.

La Désirade est l'île la plus orientale de l'archipel guadeloupéen, posée à 8 kilomètres au large de la pointe des Châteaux. Notre équipe la considère comme une parenthèse à part dans la destination : 11 kilomètres de long sur 2 de large, moins de 1 500 habitants, une seule route asphaltée qui longe la côte sud, et un plateau calcaire central que les alizés balaient en permanence. C'est une île que l'on parcourt lentement, où l'on croise plus de cabris en liberté que de voitures.

La géologie explique en grande partie son caractère. Le socle de La Désirade, daté de 145 millions d'années, contient les roches les plus anciennes des Petites Antilles. La réserve géologique qui couvre le plateau protège ces formations, ainsi qu'une flore sèche adaptée aux vents : cactus cierges, agaves, gaïacs. Depuis le belvédère de la Grande Montagne, à 273 mètres, on embrasse toute la côte sud jusqu'aux îlots de Petite Terre, et par temps clair on distingue Marie-Galante au sud-ouest.

La vie se concentre sur la frange littorale sud, à l'abri du vent. Beauséjour, le bourg principal, aligne ses maisons basses autour de l'église et de la mairie. Plus à l'est, Le Souffleur garde la mémoire des chantiers navals qui construisaient encore des saintoises en bois jusque dans les années 1990. Baie-Mahault, à l'extrémité orientale, vit toujours largement de la pêche : lambis, langoustes, vivaneaux, poissons coffres remontent chaque matin sur les pontons.

L'histoire de l'île a longtemps été marquée par l'isolement et la relégation. Une léproserie y fonctionna de 1728 à 1958, dont on visite encore les ruines à l'ouest de Beauséjour. Cette mise à l'écart a paradoxalement préservé La Désirade d'un développement touristique massif. On n'y trouve aucune grande structure hôtelière, quelques tables d'hôtes, des gîtes familiaux, deux ou trois restaurants de poisson sur la plage. Le bokit au requin, le court-bouillon de vivaneau et le matété de crabes (préparé surtout autour de Pâques) constituent l'ordinaire des bonnes adresses.

Pour s'y rendre, la liaison maritime depuis Saint-François en Grande-Terre prend 45 minutes, avec trois à quatre rotations quotidiennes selon la saison. Une fois sur place, le scooter ou le vélo électrique loués à l'arrivée du ponton suffisent largement : faire le tour de la partie habitée prend une demi-journée en s'arrêtant aux principales plages. Les sentiers du plateau, eux, se parcourent à pied, en prévoyant chapeau et eau car aucune ombre ne tempère le soleil là-haut.

Ce que nous aimons faire comprendre à nos voyageurs, c'est que La Désirade ne se visite pas comme une attraction. Elle se vit au rythme de l'île : un bain à Fifi ou au Souffleur en fin de matinée, une sieste sous les raisiniers, un repas tardif chez l'habitant, et le retour du ponton vers 16h ou 17h pour ceux qui ne dorment qu'une nuit. C'est une halte qui rééquilibre l'image que l'on se fait de la Guadeloupe.

À découvrir

Plateau calcaire et réserve géologique. Montée à pied ou en scooter jusqu'au belvédère de la Grande Montagne, à 273 mètres, pour traverser une savane à cactus battue par les alizés et observer les roches les plus anciennes des Petites Antilles.

Plage de la Pointe du Souffleur. Cocoteraie alignée sur un sable clair, eau peu profonde et calme, tables de pique-nique en bord de mer où l'on déjeune d'accras et de poisson grillé acheté au shack voisin.

Ruines de la léproserie. Vestiges discrets, à l'ouest de Beauséjour, d'un établissement qui fonctionna de 1728 à 1958. Le site raconte l'histoire d'isolement qui a façonné l'identité désiradienne.

Port de Baie-Mahault et pêche au lambi. À l'extrémité est de l'île, les pêcheurs débarquent en fin de matinée. C'est ici que l'on goûte la langouste grillée la plus fraîche, dans deux ou trois cases tenues en famille.

Tour de l'île en scooter ou vélo électrique. Une seule route, 22 kilomètres aller-retour, longe la côte sud entre Beauséjour, Le Souffleur et Baie-Mahault. Comptez une demi-journée avec les arrêts baignade.

Quand y aller

La Désirade est l'une des zones les plus sèches de Guadeloupe, avec environ 1 000 mm de pluie par an contre 3 000 à 5 000 mm en Basse-Terre. La période la plus agréable pour nous y envoyer nos voyageurs s'étend de janvier à avril : températures stables autour de 26 à 28°C, alizés soutenus, ciel dégagé. De mai à juin, la chaleur monte légèrement et l'humidité s'installe, mais l'île reste praticable.

La saison à éviter est septembre-octobre, à la fois pour le risque cyclonique (l'île est exposée, sans relief abritant comme en Basse-Terre) et parce que la liaison maritime depuis Saint-François peut être suspendue plusieurs jours en cas de houle forte. Juillet et août restent fréquentables mais l'affluence locale est plus marquée le week-end, beaucoup de Guadeloupéens venant pique-niquer au Souffleur.

Conseils pratiques

Nous recommandons au minimum une journée complète, idéalement deux jours avec une nuit sur place pour profiter de l'île une fois les visiteurs de la journée repartis. La traversée depuis le port de Saint-François en Grande-Terre dure 45 minutes, avec des rotations vers 8h et un retour entre 16h et 17h. Pas d'aéroport, pas de voitures de location classiques : on circule en scooter, vélo électrique ou taxi collectif réservé à l'avance.

La Désirade se combine naturellement avec Grande-Terre, dont elle dépend logistiquement, et s'inscrit bien dans une boucle des îles du sud avec Marie-Galante (45 minutes de bateau depuis Saint-François également) et Les Saintes (depuis Trois-Rivières en Basse-Terre). Le niveau de confort est simple : tables d'hôtes, petits gîtes, pas de climatisation systématique. C'est une étape qui convient aux voyageurs contemplatifs, aux marcheurs, aux familles qui cherchent des plages calmes sans animation, et à ceux qui veulent comprendre la Guadeloupe au-delà de ses deux îles principales. Les amateurs de vie nocturne, de spa ou de grande restauration y trouveront moins leur compte.

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